30 octobre 2008
Un peu de culture.
Nu.
Un corps nu comme tant d'autres corps nus. Un corps moche comme tant d'autres. Ni pire ni mieux. Juste mal pensé. Mal foutu. A quelques détails près. Et le cacher n'étouffe qu'une partie du problème. Un esprit nu comme aucun autre esprit nu. La tête vide de prépensé prémâché. L'abandon du bout des cils aux bout des ongles.
Chercher son chemin.
29 octobre 2008
Bonjour.
LE CLIENT.- Ca m'a fait plaisir que vous me disiez bonjour tout à l'heure, d'habitude vous ne me voyez jamais.
LA SERVEUSE.- C'est faux...
LE CLIENT.- Vous passez devant, vous allez servir des bières aux petits jeunes cravatés dehors, mais moi vous m'oubliez.
LA SERVEUSE.- (dans un sourire) Vous êtes jaloux...?
LE CLIENT.- C'est comme si je faisais partie du décors... Je suis transparent. Vous ne me dites pas bonjour, vous passez.
LA SERVEUSE.- C'est vrai. Je ne vous dis pas bonjour. Je vous dis bonsoir parce que vous arrivez toujours vers dix-neuf heure,et qu'à cette heure je dis bonsoir. Vous exagérez, je suis toujours la première à vous servir votre verre. Vous vous installez à l'intérieur à la table 8 ou à la 12 et vous commandez un ricard. Vous dites toujours "un ricard s'il vous plaît", en hochant la tête, pas tout à fait assis, les fesses en suspension au dessus de votre chaise, les mains plaquées contre la table en marbre. Puis vous vous asseyez et c'est souvent ma collègue qui vous sert.
LE CLIENT.- Parce que vous vous occupez des cravatés dehors.
LA SERVEUSE.- Parce que je m'occupe des cravatés.
LE CLIENT.- Je le sais parce que je sors fumer...
LA SERVEUSE.- Votre verre à la main. Vous vous installez à la 147 près de l'arbre. Vous refusez toujours les choses à grignoter qu'on offre à l'apéro parce que vous voulez perdre du poids. Ce qui est est plutôt réussi... Je dirais que vous avez perdu plus de cinq kilos en trois mois.
LE CLIENT.- Quatre et demi.
LA SERVEUSE.- Vous buvez deux, trois ricard, parfois quatre, et puis vous partez avant le rush de huit heure. Vous revenez parfois plus tard le soir, sur les coup de vingt-deux heure reprendre un verre de Bordeaux.
LE CLIENT.- Du Saint Emilion.
LA SERVEUSE.- Vous vous installez dehors pour fumer, à la 145 ou la 137. Vous vous êtes douché entre temps et vos cheveux sont gominés en arrière. Vous parlez peu et hochez la tête en baissant les yeux. Vous fumez beaucoup, sûrement trop et je vous soupçonne d'être amoureux d'une des serveuses.
LE CLIENT.- Ai-je réellement besoin de rebondir sur ce sujet?
LA SERVEUSE.- Non. Mais ne dîtes plus jamais que vous êtes invisible.
LE CLIENT.- Je vais reprendre un verre s'il vous plait.
LA SERVEUSE.- Je finis mon service à minuit.
Ailleurs.
Arrêtez de me lire. Allez donc voir chez Nora ou chez Axelle.
Mon prof de théâtre.
28 octobre 2008
Le sexe.
Le sexe c'est un truc pour les hommes. C'est définitivement plus simple pour eux. Les filles ça doit penser à son épilation, compter ses jours de règles, mettre des push-up. Et merde, et s'il me rappelait mon ex? Les mecs ça donne et ça repart. Alors que les filles s'abandonnent pleines d'espoirs.
On se chuchote à l'oreille en hurlant en boite, échange des banalités... Il est beau. Mais tout à coup je me sens de trop, l'impression de déranger. Je regarde mes bottes de salope et pense très fort à mes pieds. Je ne suis pas convaincue pas qu'il me draguait, je ne pense pas qu'il avait envie de moi, qu'il me voulait. Et de toute façon, je suis une fille, et le sexe pour moi c'est compliqué.
Imagine-toi...
More more more!
27 octobre 2008
Parenthèse
Rendors-toi. Ferme les yeux jolie Alice. Il pleut sur la ville mais tout est doux sous la couette. Ce n'était qu'un soupir. Une parenthèse. Rendors-toi. Tout est doux.



