Alcool.
Bal masqué. Œil charbonneux. Rouge à lèvre qui coule. La nuque en sueur et la tête qui tourne. Lever ses bras sur la musique. Siffler. Perdre l’équilibre. Se raccrocher à une cravate. Nez à nez. Yeux dans les yeux. L’embrasser. Se surprendre à un éclat de rire. Balancer la tête en arrière. Tourbillonner. Boire et reboire. Une caipirinha, puis deux, puis trois. Se faire offrir un verre. Une corrona. Boire les mêmes bières que lui, accrochée au baratin d’un autre. Laisser glisser les compliments sur ma peau. Tout coule et rien ne touche. Se convaincre qu’on est heureuse. Après tout. Claquer des talons rouges sur la piste. Crier plus fort que les paroles de la chanson. Se trouver des amis d’un soir. Des gens dont on ne se souviendra pas du nom. A quoi bon. Refuser la drogue. Inexorablement. Et se dire pourtant que c’est tentant. Faire couler son maquillage de clown sur ses joues et partout jusque dans le cou. Les bas filés. Les résilles crochetés. Trouver ça amusant. Et boire encore et tout le temps. Boire avidement. Verres après verres. Gens après gens. Noter un numéro au feutre sur un bras. Pas le mien mais il ne le sait pas. Ne pas pouvoir m’abandonner au désir. Pas encore. Ne pas réussir à oublier. Pas encore. Et repartir. Les bras en l’air. Les aisselles bien épilées et le sourire qui se barre de côté. Se dire que ça n’a pas d’importance. Ca non plus. Et tout le reste. Tout ce qu’il reste.