Forêts Célestes.
Il est possible que j’ai oublié de te rappeler
Il est possible que j’ai oublié ton nom, ton odeur, ta voix
Il est possible que mes cheveux au vent tout ça
Que je me sois cassé loin tu vois
Les montagnes fauves, les forêts célestes
Et le cours de la vie comme celui de l’eau.
Il est possible, plausible après tout
Que tout ça reste loin derrière moi
Les nuits enfumées, les gueules de bois
Ta tronche de travers, ton regard flou
Que j’oublie tout
Devant les montagnes fauves, les forêts célestes
Les jeux d’ombres et le silence fou
Le fil de ma vie comme celui de l’eau
Il est possible que j’abandonne
Que je m’abandonne
Que je crache à la gueule des souvenirs
Que je crache à la gueule de ton sourire
Que je te dise tu sais j’ai bien réfléchis
En fin de compte tout ça c’est fini
La gorge sèche et les yeux imbibés
La peur au ventre, le sang au nez
Il est possible que je quitte
Ta pomme, la ville, mes habitues polluée
Que sans réfléchir je prenne la fuite
Vers de nouvelles contrées
Les montagnes fauves, les forêts célestes
Le reflet luné, le matin très tôt
L’odeur de la mousse, de la terre et du reste
Et le cours de ma vie comme celui de l’eau.
Je ne suis pas contre l’idée de t’oublier tu sais
Oublier les matins froids et les nuits creuses
Mes traits tirés et tes mains baladeuses
Je ne suis pas contre l’idée de te laisser
A d’autres sourires
D’autres bras, d’autres draps
Te laisser petit mourir
Dans d’autres que moi
Te laisser partir partir partir
Loin de ma tête
Faire entrer le vent dans mes poumons
Et le soleil comme une fête
Je marche loin maintenant
A travers nuit, à travers champs
Les montagnes fauves, les forêts célestes
Et le cours de la vie comme celui de l’eau.
27 novembre 2012
"Parlez-moi de vore travail..."
Quand je ferme les yeux je vois des verres. Et dans la torpeur de mes insomnies nocturnes, je me regarde servir des bières à des clients imaginaires. Mes doigts sentent le café, mes cheveux le rôti de veau. Je travaille le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi, et le vendredi. Nous n’avons pas de tenue réglementaire. Heureusement. Je suis payé le 26 du mois. Suivant. Je connais par cœur le prix, d’un menu et un café, de trois cocas en terrasse et de quatre bières banches. J’appelle mes clients par le nom de leur boisson préférée. « Café et café allongé », « monsieur Brouilly » et « le mec pinte citron ». Je sers à boire. Voilà mon travail. Un perroquet est un pastis avec de la menthe, une tomate est un pastis avec de la grenadine, une mauresque est un pastis avec de l’orgeat. Chaque jour, je joue à être aimable, disponible et de bonne humeur. Je joue. Voilà mon travail. Le client pense qu’on lui appartient. Ayez un amoureux et il vous regardera avec des yeux étonnés. Comme si cette folie ne faisait pas partie du contrat. Le client n’a pas peur de vous demander si vos seins sont des vrais, si vous dormez nue et de vous traiter de « misérable serveuse ». Vous êtes un mystère pour lui. Un concept. Un client élégant peut devenir très inconvenant après avoir vidé quelques verres. Je plie la terrasse à 23h. Je fais des piles de quatre avec les chaises, je glisse ma main gauche sous la première, ma main droite sous la dernière et soulève le tout sur mon dos. Je transporte les tables deux par deux. L’été il peut y avoir jusqu’à 35 tables à ranger en terrasse. Et le double de chaise.
A partir de quand arrête t-on de grandir pour vieillir ?





