04 juillet 2009
Grow grow grow.
PJ Harvey. Petite culotte rose fané. La forêt qui envahi ma terasse. Le soleil naissant qui lèche les vitres. La promesse d'un sourire. La joie dans mes pieds. C'est l'été.
Sans papiers.
Bahia.
Le néant. Un amas de néant. Mes oreilles qui sifflent à m'en déchirer les tympans. Et le silence tout autour qui s'engouffre dans chaque recoin comme du coton. Papa. Maman. Ma vie en défilé accéléré. Mon ours en peluche dans le caniveaux. Les glaces à la vanille qui coulent sur le menton. Mon plâtre à sept ans après une chute de vélo. Maxime qui m'embrasse à la récréation. Mathilde qui rit quand je fais la fofolle. Les doigts de ma mère dans mes cheveux. Les monstres la nuit à qui je donnais à manger en rêve. Ma maîtresse Mme Loubel avec ses taches de rouge à lèvre sur les dents. Mon père qui passe sa main dans sa barbe naissante. Mes vacances sur un bateau en Martinique. L'avion. Et là maintenant. Dans ce temps qui n'est plus un temps. Dans cet espace qui n'est que chaos et panique. Poussière. Fumée. Néant. Un amas de néant. Mes oreilles qui sifflent à m'en déchirer les tympans. Et puis le silence. Cruel silence. Le sang arrête de couler dans mes veines. Un instant. Un instant seulement. Juste le temps de comprendre. De comprendre que je suis la seule en vie. Que je suis seule. Maintenant.
15 juin 2009
Ego.
Taxi Driver - You talkin' to me?
14 juin 2009
Dimanche.
12h12.
Jeudi. Douze heure douze sur radio Nova. Je regarde le sang couler sur mon doigt. Immobile. I've got that tune - Chinese man. J'ai le regard dans le vide. Le corps aussi. Seb s'agite près de moi, cherche des compresses, du coton, des mouchoirs, n'importe quoi... Je me vide. Le couteau à pain entre les mains, je me vide. Ca me picote dans les pieds. J'essaie de repenser à la dernière fois que j'ai mangé. Hier midi. Avec Maguy et ses douze vies. Hier midi c'est loin. Douze vies c'est beaucoup. Je pense au va et vient de la mer, à des colliers de perles qui cliquettent, au drapé sec de ma robe en coton, à la pesanteur de l'air, au souffle de ma respiration sur ma lèvre supérieur, aux yeux embués d'Agnès quand on danse, à l'Inde cet été, à la terre humide. Je vois des fumées rouges et roses danser dans ma tête, une femme chante au loin... Je pense aux coquelicots le long des chemins de fer, au goût de ma langue dans ma bouche, à ma manière de dire mes mots sur scène, à hier, à aujourd'hui, à demain, à moi... Si seulement je pouvais ne pas penser à toi.
Sensibilité.
Ne me secouez pas je suis pleine de larme.
11 juin 2009
Fan.
Gene Kelly.
06 juin 2009
L'amour rend con.
C'est facile de dire que les garçons c'est tous des cons. De nous faire passer pour des salauds, des bourreaux sans coeur. Des mous. Des lâches. Des machos. Des fils à papa. Des pourris gâtés par maman. C'est facile de nous reprocher de ne pas aller de l'avant. D'être trop entreprenant. De draguer beaucoup et mal. De ne pas savoir trouver les mots. Nos mots. Alors que vous, vous nous regardez avec des sentiments. C'est trop facile. Parce que toi tu me fais tourner en rond depuis des mois, à dire oui, puis non. Puis non non non. Mais avec les yeux qui brillent et la main baladeuse. C'est trop facile. De nous mener par le bout du nez. De nous faire faire n'importe quoi. De nous faire dire tout et son contraire. Parce que toi tu me rends fou avec tes cils comme des dentelles et ta voix chaude qui murmure fais moi danser s'il te plait, fais moi tourner encore. C'est trop facile de nous avoir par charme, par ruse, par délicatesse. Avec des robes ajourées de désir, et des pieds qui virevoltent sans même toucher le sol. Et moi je me tue chaque jour à te fuir pour que tu me suives. Et moi je sus chaque nuit, à dormir seul et à rêver de toi. Rêver de tes seins comme des pommes, de ton ventre de porcelaine et de tes dix doigts qui parcourent mes dix corps et me touchent bien au delà de l'épiderme. Tu me pèles comme un oignon. Chaque jour j'enlève une peau et désormais je suis nu. Comme un con.





