08 novembre 2009
Intensité.
07 novembre 2009
18/02/86.
Parfois j'ai peur d'oublier.
05 novembre 2009
Pense-bête.
04 novembre 2009
Douceur.
03 novembre 2009
Collage.
Nicotine.
I'm your man.
Il roule sa clope dans l'ombre. Un rai de lumière lui balafre le visage. Le tabac sec. Les ongles gris. Elle le regarde. Les yeux verts et la tendresse des moments passés ensemble. Tous ces moments... La brise s'agite. Les vagues giflent les brises-lames. Le port est désert. Hiver rugueux dont personne ne veut. Il tire la langue, lèche le papier qui fond sous l'humidité. Elle regarde au loin. Bien plus loin. Assise, les bras autour de ses jambes, le menton sur les genoux, et des paquets de cheveux noirs dansant dans la nuit. La bougie de la lampe tempête. Le briquet qui claque. Il fume. Des images de rivages plein la tête. Il fume, et la vapeur de ses bouffées tisse des paysages dans sa tignasse à elle. Elle compte ses doigts. Gratte son jean. Il lui dit ain't no cure for love de sa voix rauque elle lui répond everybody knows. La pointe rouge de son brasier dessine un phare dans le noir. Elle le reconnaît. Baisse les yeux sur ses ongles rouges. Ecaille le vernis mal mis. Sourit. Le temps surpris s'arrête. Il fredonne la bouche fermé, le tabac dans les poumons. Elle se souvient: sa main sur sa main. L'alcool aidant. Quinze ans. Leurs pieds nus sur le lit. Ses paumes au creux de ses reins. Leurs nez l'un contre l'autre. Léonard Cohen à l'infini et ce slow ridicule. Il sourit lui aussi. If you want a lover I'll do anything you ask me to and if you want another kind of love I'll wear a mask for you. If you want a partner take my hand or if you want to strike me down in anger here I stand I'm your man.
02 novembre 2009
J'ai toujours rêvé d'être un gangster.
28 octobre 2009
Soie.
Décue.
La forêt. De longs arbres fins peints au couteau. Du vert très foncé, presque caca d'oie. Et puis ce chêne rouge moucheté d'or. La brume qui se détache de la terre un matin d'automne. Les arbres silencieux. Le sol qui craque. Mais toi. Toi tu as perdu la vraie valeur des choses. La sincérité. Le courage. La tendresse. Tu les as oublié. Notions abstraites démodées. La beauté d'un arbre ne t'émeut plus. L'apaisement du temps arrêté qu'est ce que c'est. Toi. Toi tu dis non ma copine je ne la tromperais jamais, mais tu ne cherches que ça. Tu attends. Et plus si affinité. Tu attends. Et tu te laisses embrasser. Déshabiller. Démystifier. Tu t'abandonnes dans les bras de l'inconnu, du secret, du mensonge. Tu mens. A tes amis tu mens. A ta famille tu mens. A ton amoureuse tu mens. Effrontément tu mens. Tu te persuades toi-même. Tu te biaises. T'emberlificotes. Et moi, j'ai envie de vomir. Je regarde les arbres et j'ai la nausée. Depuis deux jours j'ai la nausée. Je te revois avec les yeux doux de la promesse, avec l'honnêteté dans la voix, avec des points fermés au bout des phrases et des choses pour ne pas montrer que tu triches. Et moi je me saoule de bord de mer et de balade le long des vagues qui lèchent les falaises. Moi j'écarte mes doigts au bout de mes bras pour sentir le vent s'engouffrer à travers moi. Moi je dis des choses que je fais. Je mets des points quand je suis sûre. Je ne mens pas à mes amis. Je ne regarde pas droit dans les yeux en disant je te jure. Ou je ne dis rien. Et je pense à la jungle sauvage, aux paysages grattés à la craie. Je pense à ces gens à qui j'ai confié des bouts de moi. A ces gens qui font des mauvais choix mais qui les font avec bonne foi. Je pense à ces gens à qui je suis liée par un cordon invisible dans le nombril. Je pense à ceux qui sont loin, ceux qui voyagent, ce qui vivent ailleurs. J'arrache des touffes d'herbe que je fais mourir entre mes ongles. C'est ma seule lâcheté. Ma seule faiblesse. Car j'ai le courage d'affirmer que je n'ai pas de secret. Rien que je ne puisse dire si on me le demande. Faut-il encore qu'on me le demande. Parce que si tu voulais mettre ma main dans la tienne je le ferais. Parce que si tu voulais mettre ma confiance au chaud sous ton manteau pourquoi pas. Je n'ai pas peur de donner. Je n'ai pas peur de la simplicité. Je n'ai pas peur des pieds qui glissent sur la roche, de mes bras engourdis par le froid, de la vapeur de mes narines et des mouettes qui tanguent à contre courant. Je n'ai pas peur. Je suis là. Entière. Prête à aimer. Prête à désirer. Je ne suis pas une fille-concept. Un fantasme. Une envie. Je suis réelle. Là. Les deux pieds dans la boue et la merde jusqu'au cou. Ma peau qui sent la terre, l'eau, le souffre. Je ne suis ni fugace ni mystérieuse. Je te regarde droit dans les yeux et murmure c'est dommage. C'est vraiment dommage tout ça. Et vos rêves érotiques ça me fait une belle jambe.




