29 décembre 2008
Si.
S'il m'épousait je porterais de hauts talons de dix centimètres. Des escarpins vernis noirs. Avec une petite robe fluide. Ca claquerait sur le parquet de notre atelier d'artiste. Artistes ratés mais heureux. On ferait de la peinture sur de grands bouts de bois le dimanche et je l'emmènerais danser tard le soir même s'il ne veut pas. Et il boirait beaucoup pour se donner du courage. Et on rentrerait saoul à l'appart. Et on ferait l'amour sur notre grand canapé rouge. J'adorerais l'embrasser dans le creux du dos et sentir son corps immense contre mon corps de fille si petit. Et je ferais couler un bain. La baignoire au milieu du salon avec une boule à facette au dessus. Des paillettes qui volent par éclats sur les murs turquoises. Il mettrait Lilac Wine de Jeff Buckley et je me dirais dans ma tête que "putain cette vie rocks".
28 décembre 2008
Balade.
La recette.
Oublie juste les zestes. C'est chiant pour rien.
Béant.
27 décembre 2008
Ironie.
Le garçon en face de moi dans le TGV Paris-Rennes, il écoute du jazz bien au fond de ses écouteurs mais moi je l'entends quand même et ça me réjouit qu'il y ai encore des gens à vingt ans qui écoutent du jazz sans avoir physiquement l'air totalement has-been. Les choses ne sont pas toujours comme elles en ont l'air. Tout est toujours plus complexe. Et c'est pas plus mal parfois. Même si la simplicité a son charme. Est plaisante. Je pars de Rennes et je pense aux milliers d'autres villes où je pourrais aller avec des écouteurs et de la musique gaie. Avec ma nudité d'esprit et la conscience de mes conneries. Des mes croyances. De ma naïveté. Il est rare que j'admette ma naïveté. Il est rare que j'admette. J'ai merdé. Je le sais. Je suis désolée. Même si je sais que tu es loin et que fuir n'a plus aucun sens maintenant... Je n'arrive pas bien à savoir ce que c'est comme jazz. Peut-être que je suis trop jeune. Moi aussi. Finalement.
T'es beau.
Dehors. Dedans. Partout.
26 décembre 2008
Les femmes savantes. (Henriette)
Désillusion.
C'est ici que commence la désillusion. La fin de l'innocence. Ici. Avec ma grand-mère qui boit du whisky à midi et ses cheveux qui s'enflamment à la bougie et ma tante qui lui tape sur la tête alors qu'une odeur de cochon grillé envahi la salle. C'est ici. Et moi qui lui expliquait la signification des "bijoux de famille"... C'est les couilles. J'insiste. J'en suis sûre. Et c'est ici que ça commence. Avec ces pelleteuses partout qui défoncent les jardins de mon enfance. Des tranchées de boue dans les recoins de mes souvenirs. Des tuyaux qui sortent de nul part comme pour soigner la terre malade. Et ce grand trou béant où les enfants font du vélo en couvrant leurs sweets american apparel d'argile. C'est bien fait... Les paons me regardent de travers. Mais ils ne savent pas que j'en ai vu plein d'autres avant eux. Que ça ne m'impressionne plus. Qu'il peuvent faire la roue et s'égosiller "Léon", que je ne suis plus une enfant. Et je jette des cailloux dans l'allée qui n'a plus de graviers. Et je compte les neurones restant autour de cette table. Autant que cette dinde farcie. Garnie de salade. Pour faire "léger". J'ai dit le mot "couille" un jour de Noël. Doux Jésus. Que le diable m'emporte... C'est ici que commence la désillusion, avec des pétards mouillés et le chien qui bave sur mon jean usé. Et des photos de mon grand père décédé cette année au dessus de la cheminée. Les photos. Pas le grand-père. Et ma mère hurle à table que sa copine Pascale a le sida et qu'un jour elle a cru être plus forte que la maladie, et qu'elle a arrêté les médicaments mais qu'elle n'était pas la plus forte. En fait. En vrai. Et elle se rassoit et personne n'ose dire que ça n'a aucun rapport avec le Doliprane dont on parlait. C'est ici que commence la fin. En mangeant la tarte de mon frère qui remplace l'absence de mon frère. Ou qui devrait la remplacer, parce que rien ne remplace l'absence d'un frère. Aussi couillon soit-il. Aussi bonne la tarte soit-elle. Et c'est beaucoup dire parce que c'est moi qui lui ai appris à les faire. C'est ici que commence la désillusion. Quand on regarde le soleil jouer avec les feuillages à travers la fenêtre et qu'on se dit que Noël c'était y'a quatorze heures, que le train part dans deux heures quatre et qu'il faut aller travailler dans dix-huit. Et Lucas me tire par la manche pour me dire merci pour les chocolats. Ceux que je n'ai même pas acheté. De rien mon p'tit gars.
18 décembre 2008
Money.
17 décembre 2008
One, two.





































