25 novembre 2009
"Ton blog c'est un peu comme La Boum".
Yuksom.
Mes amis et Tom Waits.
Le sol tremble. Mon coeur bat plus vite. Mes amis sont là. Tous mes amis. Celui qui me dit nan mais attends c'est la version originale de 1962 qu'ils passent là. Tout a été inventé dans les années soixante petite. Il y a celui qui me dit 'mecton' c'est génial comme mot, c'est comme 'surpat' ça vient de toi j'adore. Et moi je danse, je danse beaucoup, je danse mal, et je me dis que j'aimerais faire des clips avec des autruches comme Tom Waits pour God's away on business. Et j'offre des kinder surprise aux gens que j'aime. Même si t'es malade et que le chocolat nan vraiment là je ne vais pas pouvoir c'est gentil. Et je fais danser les filles pour changer. Et je fais tourner ma robe jaune. Ma robe blanche à pois. Ma robe rayée violet. Il claque du pied, remonte ses manches. Et j'ai beau crier je ne sais pas danser la salsa ça ne prend pas. Un pas puis deux puis trois, et hop, son bras qui glisse contre mon dos. Mes pieds qui vrillent. Mon sourire gêné. Et nos souvenirs du lycée. Et toi qui me regarde droit dans les yeux et me dis on est amis? Je souris. Car je n'ai que des amis pour la vie oui. Et je ris parce que je sais ce que j'ai envie de lui offrir pour Noël à celle que j'aime puissance mille mais pour qui je me plante toujours de cadeau. Alors qu'elle est incroyable comme amie. Comme celle, qui a toujours été la mère de sa mère et qui me raconte des histoires insensées... Et lui qui est loin et dont les pas sur le sable mouillé se sont peu à peu évaporés. Parce que si j'ai pas une carte postale je me dis à quoi bon faire tout ça. Mes joues creusées, les petits mots rigolos, les chansons et les yeux doux. A quoi bon si c'est même pas pour que tu me murmures les paroles d'Alice de Tom Waits debout sur ton lit avec plus d'alcool dans le sang que de bonne raison. A quoi bon. Ils passent de l'électro swing et nos pieds s'envolent du sol un instant. Juste assez pour voir ton sweet de cosmonaute téléscopé choisir le prochain cd. Tu me fais marrer. Et j'en aurais épousé pour moins que ça crois-moi. Peut-être même celui qui dit tu fais quoi là on se marie? Ou celle a qui j'envoie des photos d'ours par la poste avec écrit salut les amis et qui ne répond pas. Et il y a celles aussi que j'aime tellement mais je trouve tellement compliquées cette année. Et je ne veux pas d'amitié compliquée. Pour moi c'est grand, c'est vif, indestructible et ludique. Ludiquement indestructible. Je veux m'amuser. Au théâtre, j'ai envie de lancer des confettis, de balancer de la terre sur mes partenaires de scène et de m'asperger d'eau quand mon personnage ne comprend pas ce qui lui arrive. Et toi tu débarques de nul part avec tes gros bras, tu me raptes du sol, et j'ai beau crier et me débattre, de toutes mes forces, tu es le plus fort. Et tu cris la gloire d'Horace quand je crache la colère de Camille. Et je pleure tellement qu'on dirait que je ris. Et je me fous du regard des autres parce que ta douceur est fantastique et ta patience incroyable. Et que j'ai besoin de douceur. J'ai besoin de la douceur de mes amis. Tous mes amis. Celle qui me dit je te kiffe grosse et celui qui me dit promets-moi qu'on ne se quittera plus.
24 novembre 2009
I'm gonna try I promise.
Kid Bombardos - I'm gonna try
envoyé par lablogotheque.
Bordel attachant.
Maman.
Maman, les jours ont passé comme a leur habitude et je ne suis toujours pas sûre de comprendre. La rumeur adolescente grouille en moi et je me perds dans les souvenirs mêlés de sable fin. Les vrais. Et ceux inventés. Je ne sais plus démêler mon passé de mes fantasmes, ma vie vécue de ma vie rêvée. Je sais qu'il y a des choses que j'ai oublié. Volontairement oublié. Ou du moins il me semble. Le flou me gratte, le flou me ronge. Ecorce croûtée à gratter, je veux changer. Grandir. Devenir adulte. Créer et savoir pourquoi je crée. Pourquoi je crée ?
Maman, tu m'as dit l'Art c'est bien mais tu ne m'as pas expliqué pourquoi. Et me l'as-tu vraiment dit... Je ne me souviens pas. Je ne me souviens plus... Souvent je fais semblant d'écrire en étant une autre personne. Je biaise. Je faible. J'utilise des mots qui sont mes mots, des sentiments qui sont mes sentiments et je ne les assume pas. Je montre tout en étant cachée. Et puis je me planque derrière le rire. J'ai peur d'être ce que je suis. Seulement. Simplement. Alors je ris. Et je fais rire. Je biaise. Je faible. Encore. Et mettre des habits me construit finalement. Me personnage. Me jeux de rôle. Je fais semblant de parler de moi à la troisième personne. Drapée de couleurs bariolées. Au fond, j'ai peur d'être triste. Au fond. Bien au fond. Derrière les couches de terre, d'épiderme et de souvenirs. J'ai peur d'être triste. De mal cacher mes faiblesses, mes secrets, mes doutes, mes fêlures, mes peurs... Toutes ces choses qui me rendent humaine. J'ai peur d'être humaine. Juste humaine. Simple. Banale. Facultative. Je voudrais être indispensable pour ne jamais être abandonnée. Laissée de côté. Mise à l'écart. Je voudrais tout vivre, en même temps. Être ici et ailleurs. Exister au même moment que les gens, tous les gens. Je ne veux pas être loin des yeux loin du coeur. Je ne veux pas, et pourtant.
Maman, tu m'as dit l'Amour c'est ce qu'il y a de plus beau mais tu ne m'as pas expliqué pourquoi. Tout a toujours été compliqué. Je t'ai vu taper ta tête contre les murs, ronger les hommes jusqu'au fantôme. J'ai perdu l'innocence. Il y a longtemps que je l'ai perdu. Il y a donc le premier amour, dégouli affreux de bonheur et d'erreurs. Peut-être nos plus belles années. Mais voilà. On tombe une fois amoureux et puis le reste du temps on fait semblant. On biaise. On faible. On se trompe souvent. On perd son temps?
Maman, les jours passent comme à leur habitude et je m'efforce de marquer le temps. Je note tout. Tout le temps. Je suis accro à la photo. Paranoïa polaroïd, je me vide. Je m'autoportrais. Pour ne pas m'effacer. Ne pas m'oublier. Ne pas disparaître comme tu le fais. Ne pas laisser aux autres que des petits ronds de papiers découpés sur les photos de famille au complet. Que des traces. Des indices. Des pistes. Je refuse d'être cachée au risque d'être perdue. Je veux savoir qui je suis. Me connaître. Etre un jeu fléché ne me fait pas rêver. Je préfère montrer trop que pas assez. Tout donner en brut et laisser trier. Mais qui est encore assez patient pour trier?
Maman, je ne t'aime pas mais j'aimerais comprendre pourquoi. Nous avons des souvenirs. Des bons comme des mauvais. Des goûts en commun. Pour les figues et les pivoines. Et je ne peux pas nier ton soucis de transmission du goût de l'Art même si je ne sais plus vraiment à quoi il tient. Je ne t'ai jamais vraiment détesté ni jamais adoré. L'indifférence c'est sûrement ce qu'il y a de plus cruel. Peut-être nous entendions-nous quand j'étais petite... Les souvenirs m'échappent. Me biaisent. Me faiblent. Oui, maman, les jours passent comme à leur habitude, et je me sens toujours aussi lâche. Et je déteste les lâches.
20 novembre 2009
Greg.
17 novembre 2009
Amitié.
J'ai un goût amer dans la gorge. Comme si j'avais bu la tasse.



